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Remettre l’agriculture à la mode

Par Carolyn Young

Britney Spears, Eminem et Homer Simpson n’ont jamais eu la part aussi belle. Ces idoles qui font de la publicité pour Pepsi, chantent du hip-hop et mangent des beignets ont remplacé les héros du terroir de jadis. Les jeunes du monde entier sont accrochés à la culture urbaine américaine et laissent littéralement la génération de leurs parents derrière eux.

Les agriculteurs canadiens remarquent cet attrait de la ville depuis des années. Bien que certains enfants de fermier aient encore le désir d’apprendre à connaître l’objet de la passion (ou de la persévérance) de leurs parents, la plupart le font dans des établissements loin de chez eux qui ont assimilé l’agriculture à une grosse entreprise où le travail est remplacé par la technologie et où le marketing est fait par des gens comme Mme Spears. Les jours des histoires de famille transmises de génération en génération sont révolus.

L’apprentissage familial semble disparaître avec la ferme familiale.
Cependant, en dépit de la popularité de la culture pop et de l’attrait du capitalisme, un nouveau modèle se dégage : l’agriculteur biologique. Les jeunes Canadiens sont de plus en plus conscients des conséquences de leurs choix alimentaires; ils mangent des aliments de culture biologique locale et s’intéressent aux gens qui les cultivent. Par l’entremise d’organisations comme WWOOF (Willing Workers on Organic Farms) et SOIL (Stewards of Irreplaceable Land), des Canadiens de tous les âges trouvent chez eux des mentors qui travaillent la terre qui entoure leurs villes.

Ici, dans les régions rurales du Nouveau-Brunswick, le Falls Brook Centre accueille les mentors et ceux qui désirent apprendre. La coordonnatrice de l’agriculture biologique du FBC, Andrea Berry, rencontre des agriculteurs biologiques des comtés de Carleton et de Victoria depuis près de deux ans dans l’espoir de lancer un programme d’apprentissage et de recherche participative en agriculture biologique au Nouveau-Brunswick. Ce programme d’une durée de six mois jumellerait des apprentis intéressés à des agriculteurs biologiques qui leur serviraient de mentors pour un apprentissage pratique comportant des visites sur le terrain, des ateliers et de petits projets de recherche à la ferme qui pourraient porter sur des sujets comme la rotation des cultures, le lombricompostage, les approches à la commercialisation, etc. La réussite du programme serait reconnue par le système des collèges communautaires du N.-B. comme équivalente à un ou deux crédits du programme en agriculture bientôt offert par l’entremise du campus de Grand Falls.

Bien que le financement du programme ait été reçu tard cette année, des progrès ont été accomplis. Une journée champêtre d’essai a été organisée pour trois stagiaires du Falls Brook Centre à la ferme familiale de Bull, à Northampton. Pendant que les jeunes femmes l’aidaient à faire la récolte et à suspendre l’ail, Ed Bull les faisait profiter de sa sagesse et de ses pensées sur des questions allant de la lutte contre les maladies causées par le fusarium à l’avenir de l’agriculture à soutien communautaire à Northampton et de l’agriculture biologique en général. « Je crois qu’une des solutions aux problèmes du monde serait que chacun laboure sa pelouse et plante un jardin », a dit Ed au déjeuner. Il n’est pas nécessaire que les jardins soient très gros pour apporter des bienfaits physiques et spirituels et, selon Ed, « ils rendent tout le monde beaucoup moins agressif ».

Bien que la passion d’Ed pour l’agriculture paraisse sans bornes, le marché des produits biologiques dans les petites municipalités ne l’est pas. Bien que les producteurs de l’extérieur de Montréal ne puissent satisfaire à la demande, le secteur biologique du comté de Carleton croît à un rythme plus lent. Les consommateurs instruits se trouvent généralement dans les grands centres urbains et dans les villes universitaires. Le programme d’apprentissage du FBC est conçu non seulement pour encourager les nouveaux agriculteurs, mais aussi pour créer un réseau de soutien pour leurs produits. Comme l’agriculture biologique est celle qui a le plus fort taux de croissance et attire les jeunes à la mode des villes comme les jeunes des régions rurales, les petits producteurs comme Ed espèrent être payés de leur peine dans un avenir proche.
L’attrait de la ville et de la culture hollywoodienne est fort, mais le soutien à l’agriculture biologique devrait contribuer de façon importante à la revitalisation des collectivités rurales.

Si vous désirez participer comme mentor ou comme apprenti au programme d’apprentissage et de recherche participative en agriculture biologique, veuillez communiquer avec Andrea Berry au 506-375-4310 ou à l’adresse andrea@fallsbrookcentre.ca. On trouvera plus d’informations à ce sujet sur le site Web du Falls Brook Center à l’adresse www.fallsbrookcentre.ca.

Le CABC remercie l’auteur de lui avoir permis d’afficher cet article sur son site Web.

 

 

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