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| Photo 1. La parcelle du centre a reçu 1,9 tonne/acre de luzerne (poids sec) (4300 kg/ha), ce qui donne 105 lb de N/acre (118 kg/ha). On peut remarquer que la couleur verte de la parcelle est beaucoup plus foncée que les allées, ce qui indique une assimilation de l'azote apporté par le paillis. Le paillis a été répandu le 13 juin 2003, lorsque le blé était au stade de trois feuilles et la photo a été prise le 9 juillet 2003. La parcelle vert foncé derrière, vers le gauche,a reçu 54 livres de N/acre (60 kg/ha) sous forme de nitrate d'ammonium épandu à la volée. |
Dans le cadre de l'étude effectuée à l'université
du Manitoba, Matthew a porté une attention particulière
à l'effet du paillis de luzerne sur le blé de variété
AC Barrie. Il a fauché les bandes de luzerne avec une faucheuse
à fléau et a répandu le paillis sur la culture de
blé à différents moments et à différents
taux. Il a répété son étude à 4 endroits,
sur 2 ans.
Le paillis a été appliqué sur les parcelles de blé
avant l'émergence, ou au stade de trois feuilles. Trois quantités
différentes de paillis de luzerne ont été étudiées
: la quantité qui serait produite 1) si la luzerne et le blé
étaient cultivés en bandes égales, 2) si les bandes
de luzerne étaient deux fois plus larges que celles consacrées
à la culture annuelle ou 3) si la largeur des bandes de luzerne
était de 50 % celle de la culture annuelle.
La luzerne n'a pas étouffé les plants de blé, même
lorsque la quantité appliquée était supérieure
à 2,5 tonnes de matière sèche à l'acre (5 700
kg/ha). Le blé a reçu une bonne dose d'azote de la luzerne;
le vert des parcelles traitées était plus foncé.
L'assimilation de l'azote et le rendement en blé ont augmenté
proportionnellement à l'augmentation de la quantité de luzerne.
Le blé qui a reçu la plus grande quantité de paillis
de luzerne a donné un rendement qui atteignait presque le double
de celui du blé qui n'a reçu aucun paillis.
Le paillis de luzerne a étouffé les mauvaises herbes lorsqu'appliqué
à des taux plus élevés. Les mauvaises herbes étaient
présentes en plus grand nombre dans les parcelles où un
faible taux de paillis de luzerne a été appliqué.
Il s'avère qu'un peu de luzerne améliore les conditions
favorisant l'établissement des mauvaises herbes, peut-être
en réduisant la perte d'humidité en surface. Des taux plus
élevés découragent la croissance des mauvaises herbes,
peut-être en faisant de l'ombre ou en créant une barrière
physique entre le sol et la surface.
Matthew a prouvé qu'on peut utiliser le paillis de luzerne sur
les cultures de blé de printemps pour retirer de la valeur du foin
de luzerne. Ceci ouvre la porte à une vision plus large des rotations.
Les producteurs biologiques peuvent trouver des avantages supplémentaires
à une telle diversification, notamment le potentiel de réduction
de l'érosion et un habitat plus diversifié pour les organismes
utiles.
Cette étude a également des conséquences importantes
pour la réduction du travail du sol dans les systèmes biologiques.
Il n'est pas nécessaire d'enfouir la matière verte de la
luzerne pour retirer des avantages substantiels au niveau de l'apport
d'azote et la maîtrise des mauvaises herbes. Les cultures d'engrais
verts fournissent en général les avantages de l'accumulation
d'azote et de matière organique ainsi que de suppression des mauvaises
herbes tout en ayant l'inconvénient d'intensifier le travail du
sol. Cette étude peut aider à faire pencher la balance et
représente un autre pas sur le chemin de la santé des sols.
Matthew Wiens a récemment complété une maîtrise
en sciences à l'université du Manitoba, sous la supervision
de Martin Entz. L'étude sur le potentiel du paillis de luzerne
a été effectuée en collaboration avec Ralph Martin
et Andy Hammermeister du Centre d'agriculture biologique du Canada. On
peut communiquer avec Matthew au : umwiensm@cc.umanitoba.ca
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice pour les Prairies
du Centre d'agriculture biologique du Canada au Collège d’agriculture
de l’Université de la Saskatchewan. Elle apprécierait
recevoir vos commentaires au 306-966-4975 ou par courriel : brenda.frick@usask.ca.
© 2006, Centre d'agriculture du Canada (CABC)