
Les avantages de la biodiversité
par Brenda Frick, Ph.D
La biodiversité se définit par la variété
d'organismes biologiques vivants dans un secteur donné. Elle
est plus grande s'il y a de nombreux types d'organismes. Les systèmes
agricoles tendent à limiter la biodiversité. À mesure
que les chercheurs ont une meilleure vue d'ensemble des systèmes
agricoles, ils découvrent que la biodiversité présente
des avantages qui vont plus loin que ce que peuvent décrire de
simples explications.
Parmi les principes de la fédération internationale des
mouvements d'agriculture biologiques on retrouve le « la protection
et stimulation de la biodiversité agricole et naturelle à
la ferme ». La conservation de la biodiversité est l'un
des rôles importants des fermes biologiques, et la mise de côté
d'une partie de terre laissée à l'état
« sauvage » sur les fermes est l'un des critères
de certification pour certains organismes.
Une étude récente en Saskatchewan a comparé les quantités
d'oiseaux se retrouvant dans différents genres de fermes. Les chercheurs
ont constaté que les fermes biologiques comportaient une plus grande
quantité d'oiseaux de montagne et de terres humides que les fermes
conventionnelles, qu'on y trouvait quelques espèces qui ne
se rencontrent pas sur les fermes conventionnelles. Les insectes utiles,
tels que ceux de la famille des carabes et des guêpes parasites
sont souvent plus abondants sur les fermes biologiques. Leur abondance
est favorisée par l'absence d'insecticides et de la présence
des mauvaises herbes qui leur fournissent l'habitat et la nourriture.
Les fermes biologiques peuvent jouer un rôle important en sauvegardant
la biodiversité dans des paysages agricoles.
Plusieurs études récentes prouvent que la biodiversité
influence la production de manières inattendues et salutaires.
En Suède, les chercheurs ont constaté que des extraits de
chiendent, lorsque qu'appliqués aux plantes d'orge, repoussent
des pucerons. Ces composés sont tirés des racines de chiendent,
et peuvent être prélevés par les plans d'orge
dans le sol. Cela suggère que la présence de chiendent dans
un champ d'orge peut aider à le protéger contre l'attaque
des pucerons.
Les chercheurs de Lethbridge ont constaté que les sols présentent
des populations microbiennes plus importantes et plus actives en présence
de vers de terre. Le rendement des cultures était également
plus élevé lorsque le traitement des cultures favorise la
présence des vers de terre. Les vers de terre modifient la population
microbienne, en particulier les proportions relatives de bactéries
et de champignons d'une manière qui, selon les chercheurs,
peut réduire les maladies des plantes comme le piétin-échaudage
du blé.
D'autres chercheurs de l'Alberta ont découvert que la mouche des
racines de canola est moins susceptible de pondre des oeufs sur les plants
de canola se trouvant dans des champs où poussent les mauvaises
herbes. Les auteurs de l'étude suggèrent plusieurs explications
possibles : les mauvaises herbes peuvent représenter une barrière
physique, libérer des composés volatils qui repoussent des
insectes ou fournir des aliments ou un habitat pour les prédateurs,
parasites et pathogènes de l'insecte ravageur. Dans le cas de la
mouche des racines de canola, les chercheurs soupçonnent que le
problème (du point de vue de la larve) provient de la diversité
des sites où la mouche est susceptible de se poser. La femelle
fait plusieurs vols courts avant de pondre ses oeufs. Elle doit se poser
chaque fois sur une plante qui convient afin de poursuivre sa séquence
de ponte. Si elle se pose sur des plants de mauvaises herbes à
la place, son vol de ponte est perturbé et le nombre d'œufs
produits est moindre.
Chacune de ces études nous rappelle que les systèmes agricoles
sont complexes, et que tous les composants interagissent ensemble, souvent
sans qu'on comprenne comment. Favoriser la biodiversité,
même en laissant une petite population résiduelle de mauvaises
herbes ou en semant un mélange d'espèces, peut présenter
des avantages inattendus.
Les informations sur la production intercalaire, ou culture de plus d'une
espèce dans un même champ, sont toujours limitées
et difficiles d'accès. Lors des récentes réunions
de consultation à Lethbridge, Lacombe et Beaverlodge en Alberta,
les producteurs biologiques ont indiqué qu'ils étaient intéressés
à obtenir plus d'information et à ce qu'il se fasse
plus de recherche sur cette méthode.
Elmer Laird, de la fondation Back to the Farm, compile de l'information
sur différents types de cultures intercalaires provenant de fermes.
Il demande aux producteurs qui ont de l'expérience avec la culture
intercalaire de communiquer avec lui à C.P. 69, Davidson (SK) S0G
1A0 pour lui fournir l'information suivante : zone pédologique
(par exemple, sol brun foncé) et type de sol (par exemple, loam
de Weyburn), détails de leur expérience, incluant les variétés,
les dates de semis, la méthode de récolte et les méthodes
de lutte contre les mauvaises herbes.
Elmer a besoin des renseignements sur la façon de communiquer avec
l'agriculteur, (nom, adresse, numéro de téléphone,
télécopieur et courriel) et il doit savoir si celui-ci est
disposé à recevoir les appels téléphoniques
ou les questions écrites d'autres agriculteurs. Il compilera les
résultats de cette importante recherche sur les résultats
obtenus à la ferme dans une brochure sur les cultures intercalaires.
La brochure sera offerte gratuitement à tous ceux qui ont fourni
de l'information, et vendue aux autres dans le but d'amasser des fonds
pour le Organic Agriculture Protection Fund (cliquer
ici pour plus d'information). Ce projet devrait fournir une base utile
aux producteurs souhaitant augmenter la biodiversité sur leurs
propres fermes.
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice pour les Prairies du
Centre d'agriculture biologique du Canada au Collège d'agriculture
de l'Université de la Saskatchewan. Elle apprécierait
recevoir vos commentaires au 306-966-4975 ou par courriel
: brenda.frick@usask.ca .
Cliquer ici pour
obtenir de l'information au sujet de l'agriculture biologique.
Références :
D. Shutler, A. Mullie et R.G.Clark, 2000. Les communautés d'oiseaux
des hautes terres et des terres humides en relation avec les pratiques
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