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Une rose est-elle toujours une rose?
Le terme « biologique » est employé pour qualifier
un grand nombre de choses. L'opinion générale semble associer
le mot biologique à plusieurs notions, notamment « sain »,
« écologique », « sans pesticides », «
cher » et « marché de créneau ». Il est
temps de présenter quelques définitions, et de clarifier
quelques malentendus.
Si un produit est « certifié biologique », il a été
cultivé et transformé en utilisant des modes de production
et de transformation biologiques reconnus. Le mot « certifié
» indique qu'une tierce partie indépendante a inspecté
l'exploitation et peut confirmer qu'on y utilise les méthodes
biologiques. L'agence de certification possède un cahier des charges
et un mécanisme pour s'assurer du respect de ces normes.
Ceci inclut un suivi administratif et documentaire détaillé
ainsi que des exigences de régie rigoureuses. Les agences de certification
diffusent leur cahier des charges qui est souvent affiché sur leur
site Web.
Les organismes d'accréditation utilisent un processus semblable
d'élaboration de normes et organisent des inspections sur
le terrain pour surveiller les activités des organismes de certification.
Une agence de certification peut être accréditée par
plusieurs organismes, selon les marchés que ses membres/clients
souhaitent servir. Certains organismes d'accréditation, comme le
ministère de l'Agriculture des États-Unis (programme biologique
national), sont des organismes gouvernementaux. D'autres, comme la Fédération
internationale des mouvements d'agriculture biologique (IFOAM), sont des
agences privées.
Lorsque le produit porte l'appellation « biologique », mais
n'est pas certifié, la définition du mot biologique dépend
du producteur. Habituellement, cela veut dire qu'aucun herbicide
ni insecticide n'a été utilisé pour les cultures,
et que les animaux n'ont jamais reçu d'hormones ou
d'antibiotique. Pour les personnes qui connaissent le producteur
et lui font confiance, cela peut être suffisant.
Un système de production biologique est souvent décrit comme
une exploitation où on n'utilise aucun pesticide ni engrais
de synthèse. De plus en plus, on le reconnaît comme une forme
d'agriculture sans organismes génétiquement modifiés
(OGM). Bien qu'en effet, la plupart des pesticides et engrais synthétiques
ne sont pas autorisés en production biologique, et que les OGM
sont interdits, le biologique est beaucoup plus qu'une simple liste d'interdits.
La régie biologique nécessite beaucoup de connaissances,
et repose sur la planification à long terme et la gestion en collaboration
avec la nature. Elle inclut des techniques proactives qui stimulent la
fertilité, la diversité et l'activité biologique,
et réduisent l'intensité des problèmes de «
ravageurs ».
Les produits biologiques ne sont pas simplement certifiés «
exempts de pesticides ou d'herbicides. » Les agriculteurs
biologiques n'utilisent pas de substances synthétiques et
ils réduisent les risques de contamination accidentelle en gardant
des bandes tampons, en enregistrant et identifiant leur terre, en gérant
l'érosion des sols et la lixiviation, et en demeurant vigilants.
Logiquement, cela devrait réduire la charge de pesticides, même
si une certaine exposition peut se produire. Une comparaison de l'urine
d'enfants qui mangent des produits biologiques avec celle d'enfants
qui mangent des produits conventionnels a permis de constater que le fait
de manger aliments biologiques réduit le niveau de composés
organophosphorés d'un taux supérieur aux normes recommandées
par l'agence de protection de l'environnement des États-Unis
à un taux inférieur.1
Les gens que les organismes transgéniques ou les niveaux de pesticides
inquiètent se tournent souvent vers les produits biologiques pour
leur propre santé et pour la santé de l'environnement. Des
études récentes ont suggéré que les systèmes
biologiques présentent d'importants avantages pour l'environnement,
en raison de la fixation et de la séquestration accrue du carbone.2
De plus, les systèmes biologiques ne dépendent pas de techniques
énergivores et productrices de gaz carbonique pour synthétiser
leurs engrais. Les critiques suggèrent que l'agriculture biologique
utilise trop le travail du sol et contribue à l'érosion.
Bien que les producteurs biologiques adoptent de plus en plus de techniques
qui épargnent le sol comme le semis direct, les voies d'eau semées
et les plantes-abris, la recherche doit se poursuivre pour améliorer
les systèmes biologiques.
Les produits biologiques coûtent-ils cher? Beaucoup de producteurs
biologiques affirment que les produits biologiques ne sont pas trop chers;
ce sont les produits agricoles conventionnels qui sont tragiquement sous-évalués.
Les produits conventionnels, en particulier les produits de consommation
courante, sont négociés sans tenir compte des coûts
de production, comme l'indique le revenu agricole moyen. Les producteurs
biologiques sont également exposés à ce danger, bien
qu'ils l'aient en grande partie évité jusqu'ici.
Les consommateurs de produits biologiques représentent-ils un marché
de créneau? Si c'est le cas, il s'agit d'un créneau qui
s'étend rapidement. Une étude récente indique
que les acheteurs de produits biologiques représentent un groupe
diversifié, dont seulement 10 % peut en être considéré
comme le « noyau pur et dur ».3
On compare souvent le secteur biologique au « conventionnel ».
Cette perception est également un peu faussée. L'agriculture
a été biologique pour la presque totalité des 10
000 ans de son histoire. On y a introduit des éléments non
biologiques depuis seulement environ 50 ans. À mesure que de plus
en plus de consommateurs démontreront un intérêt pour
les produits biologiques, ceux-ci reprendront leur place à l'avant-scène.
Le défi à relever sera alors de conserver l'intégrité
des principes biologiques dans ce processus.
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice pour les Prairies
du Centre d'agriculture biologique du Canada au Collège d'agriculture
de l'Université de la Saskatchewan. Elle apprécierait
recevoir vos commentaires au 306-966-4975 ou par courriel.
Nous tenons à remercier Debbie Miller pour ses commentaires
utiles et éclairés sur une version précédente
de cet article.
Références :
1. Curl, C.L. R.A. Fenske, K. Elgethun, 2002. Organophosphorus
pesticide exposure of urban and suburban preschool children with organic
and conventional diets. Environmental Health Perspecitives. Cliquer
ici pour consulter le rapport en ligne.
2. Sayre, L. 2004. Organic farming combats global warming
big
time.
The New Farm.
3. Howie, M. 2004 Industry Study on Why Millions of Americans
Are Buying Organic Foods. Feedstuffs. Organic
Consumers Association.
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