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L’importance du bien-être des animaux dans la production de bétail biologique – Deuxième partie

par Jane Morrigan, M. Sc.

Dans la première partie de cet article, j’ai défini le bien-être des animaux par « en bonne santé et heureux », puis j’ai parlé des mesures que les éleveurs peuvent prendre pour évaluer la qualité de vie de leurs animaux. Je vais maintenant dire comment réduire le stress et ce qui nous attend sur le plan de l’assurance de la qualité et des vérifications à la ferme.

Alors qu’il est extrêmement important que les animaux de boucherie soient abattus rapidement et de manière à ce qu’ils souffrent le moins possible, il est tout aussi important de réduire au minimum le stress pendant toute la période précédant l’abattage, c.-à-d. entre le moment où l’animal quitte la ferme et celui où il est étourdi à l’abattoir. Le transport et la mise en parquet des animaux en groupes familiers, avec tapis adéquat pour les empêcher de glisser, sans les tasser et en les faisant entrer et sortir du camion avec douceur et patience, permettra de réduire le stress au moment le plus important de leur vie.

À la ferme, l’une des façons de réduire le stress chez les animaux est de prendre des décisions de reproduction humaines. Par exemple, chez le porc, la teneur en maigre tend à être corrélée à un tempérament excitable, qui est un facteur de risque de stress prononcé avant l’abattage qui, à son tour, donne une viande pâle, molle et suintante. Par conséquent, en choisissant une race de porcs chez lesquels la maigreur n’a pas été sélectionnée comme principal critère, on aura des animaux moins sujets au stress. En optant pour des races d’animaux sans cornes, comme l’Angus ou l’Herefords sans cornes, on réduira les risques de blessures lorsque les animaux sont groupés, lors du transport par exemple.

Une autre façon de réduire le stress chez les animaux est de consacrer un peu de temps à les apprivoiser et à les exposer à de nombreuses expériences variées tout au long de leur vie. Un animal qui n’a pas peur de l’homme et qui est habitué aux véhicules, au bruit et au chargement fera face plus facilement aux nombreux défis auxquels il est confronté lorsqu’il quitte la ferme en direction de l’usine de transformation de la viande. L’apprivoisement et la formation jouent un grand rôle non seulement pour ce qui est de réduire le stress chez l’animal, mais aussi pour ce qui est de gagner du temps et de réduire les risques de blessures des ouvriers. En fin de compte, ces avantages se répercutent sur le consommateur, car la viande d’un animal moins stressé avant l’abattage est de meilleure qualité.

Le Canada se dirige peu à peu vers certaines inspections (vérifications) obligatoires à la ferme, par l’entremise de programmes d’assurance de la qualité dirigés par le secteur des productions animales (y compris les systèmes certifiés biologiques). Je crois que cela mènera, un jour, à des exigences de permis pour toutes les fermes d’élevage de bétail. La population demande tout simplement à être rassurée que les produits d’origine animale qu’elle achète ne la rendront pas malade et que les animaux, quant à eux, sont bien soignés pendant leur vie.

En conclusion, nous avons maintenant d’écrasantes preuves scientifiques à l’effet que les animaux ont un mélange complexe de caractéristiques physiologiques, comportementales et neurobiologiques. Les animaux sont capables d’avoir des émotions très variées, d’apprendre de leurs expériences, de s’adapter aux conditions, de raisonner… et de souffrir lorsque leurs besoins sont ignorés ou ne sont pas respectés. Il est maintenant temps, dans cette évolution de la relation entre l’homme et les animaux, d’aller de l’avant en fonction de ces connaissances et de prendre de véritables mesures pour améliorer la vie des animaux de ferme. Les producteurs d’animaux biologiques et les organismes de certification ont une excellente occasion d’ouvrir la voie, en montrant l’exemple aux fermes voisines et en établissant un « étalon-or » du soin des animaux. Faire savoir à la population l’importance du bien-être des animaux dans les systèmes biologiques en général et dans votre ferme en particulier sera rentable pour vous. Vous aurez de plus la satisfaction et la fierté de la qualité des soins que vous administrez aux animaux, tout en sachant que vous avez le devoir de les respecter, de subvenir à leurs besoins et de les protéger jusqu’à la fin de leur vie.

 

Jane Morrigan, détentrice d’une maîtrise ès sciences, est coordonnatrice du site Web du Centre d’agriculture biologique du Canada (CABC). Elle a déjà exploité une ferme laitière et a rédigé sa thèse de maîtrise sur le bien-être des vaches de réforme. Elle sera heureuse de recevoir vos commentaires à jmorrigan@nsac.ca ou au 902-893-7256.

 

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