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L’importance du bien-être des animaux dans la production de bétail biologique – Première partie

par Jane Morrigan, M. Sc.

Les producteurs de bétail biologique ont une occasion, unique et excellente, de répondre à la demande croissante des consommateurs pour des produits carnés salubres. Ils demandent des produits locaux de qualité, sans produits chimiques, provenant d’animaux qui ont été élevés et tués humainement. Ce marché croît à un rythme vertigineux. Par exemple, l’Organic Trade Association (OTA) a indiqué récemment que les ventes de viande, de poisson et de volailles biologiques avaient augmenté aux États-Unis de 77,8 % en 2003 par rapport à 2002.

En principe, la production de bétail biologique tient compte de l’obligation éthique du fermier envers ses animaux, et exige un environnement dans lequel les animaux peuvent se comporter de façon naturelle sans pour autant compromettre leur sécurité et leur bien-être.

Une définition pratique du « bien-être des animaux » est de dire qu’ils sont « en bonne santé et heureux ». Les animaux ont besoin d’une nourriture de qualité, d’un abri et d’une protection contre les maladies et les blessures, mais ils ont aussi des besoins affectifs qui influencent directement leur santé physique et psychologique. Par exemple, les veaux aiment jouer avec d’autres veaux et bénéficient de cet échange. Non seulement l’exercice est-il bon pour le développement d’un organisme robuste et sain, mais l’interaction sociale permet aussi de renforcer les liens familiaux au sein du troupeau.

« L’animal souffre-t-il? » est la question la plus importante à se poser lors de l’évaluation de son bien-être. Pour le savoir avec exactitude, on utilise des mesures basées sur l’animal qui prennent en compte les répercussions sur l’animal d’un certain facteur environnemental, par exemple la conception de l’étable ou le régime alimentaire. Ainsi, la mesure de la boiterie réelle dans une étable à stalles libres donne-t-elle une description précise de l’état du bien-être des vaches dans cette étable, par opposition à un critère « d’entrée » comme la dimension minimale des stalles.

Comment les producteurs de bétail biologique peuvent-ils résoudre les problèmes de salubrité des aliments? La nouvelle norme nationale du Canada sur les Systèmes de production biologique traite de cette question, entre autres, au moyen de l’interdiction d’administrer des médicaments à usage vétérinaire comme les antibiotiques et les antiparasitaires synthétiques, de l’interdiction de donner des sous-produits de mammifères ou de la faune aviaire aux ruminants, et de l’interdiction d’utiliser des hormones de croissance et de reproduction. La production certifiée biologique, en tant que système, peut jouer un grand rôle pour ce qui est de rassurer la population que la viande certifiée biologique qu’elle achète peut être consommée en toute sécurité.

Pour satisfaire les critères de qualité des aliments, le fait de respecter les recommandations des codes de pratiques, modifiées ou renforcées par la norme biologique canadienne, et celles des organismes de certification, se traduira en fin de compte par une viande de qualité et sans danger. Au cœur de la réussite de ces recommandations se trouve la pratique de bonnes techniques de protection des animaux. Par exemple, le code de pratique des bovins laitiers recommande que les vaches qui vivent dans une étable à stalle entravée fassent de l’exercice régulièrement. La norme biologique exige que les vaches fassent de l’exercice, aient accès à l’air frais, et puissent avoir un comportement naturel. Les vaches se sentent mieux, physiquement et psychologiquement, lorsqu’elles peuvent échanger à volonté avec les autres animaux du troupeau, dans un environnement propre, suffisamment spacieux, dans lequel elles peuvent manger, se reposer et se faire la toilette mutuellement.

Les techniques de protection des animaux utilisées avant l’abattage jouent un rôle particulièrement important quant à la qualité de la viande. Le stress subi avant l’abattage entraîne de graves problèmes pour l’animal tant qu’il est encore en vie et pour le produit final. La viande noire ou à coupe sombre du bœuf est causée par un effort physique excessif lors du chargement ou du fait de tentatives répétées de s’échapper et d’un mauvais état physique au moment de l’abattage. La viande exsudative ou pâle, molle et suintante du porc découle du fait que les porcs sont traités avec rudesse, mélangés et tassés avant l’abattage. Chez le poulet, les meurtrissures et les fractures se produisent facilement lorsque les poulets sont attrapés, traités avec rudesse avant et après le transport, et pendus par les pattes au rail d’abattage avant d’être étourdis et tués. Tous ces problèmes peuvent être réduits de beaucoup par un traitement plus doux et par des méthodes et installations humaines, conçues en fonction de l’animal. Par exemple, transporter les bovins par groupes familiers, directement à un abattoir voisin, et les y parquer sans les séparer, permettra de réduire le risque de viande noire dans les carcasses.


Jane Morrigan, détentrice d’une maîtrise ès sciences, est coordonnatrice du site Web du Centre d’agriculture biologique du Canada (CABC). Elle a déjà exploité une ferme laitière et a rédigé sa thèse de maîtrise sur le bien-être des vaches de réforme. Elle sera heureuse de recevoir vos commentaires à jmorrigan@nsac.ca ou au 902-893-7256.

 

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