
Nouveau débouché pour le secteur agricole : soutenir le système de
santé - Un nouveau cadre réglementaire s'impose pour permettre au
Canada de devenir un chef de fil mondial
Par Glenn Powell, Envoyé spécial de Ontario Farmer, Le
mardi 28 juin 2005
Plus de 400 experts en sciences de l'alimentation, décideurs gouvernementaux
et agriculteurs du Canada, des États-Unis, d'Australie et d'Europe se
sont réunis pour étudier les options possibles et discuter d'un plan d'action
agroalimentaire fondé sur la nutrition et la santé.
Les agriculteurs ne sont pas à blâmer pour les choix alimentaires douteux
des consommateurs, dont une proportion alarmante souffre d'obésité, particulièrement
aux États-Unis et au Canada. Pendant ce Forum de l'innovation agroalimentaire,
il a cependant été répété maintes fois que le secteur agricole dispose
actuellement d'une occasion inestimable d'accaparer de nouvelles productions
et de nouveaux moyens de mise en marché. Il est un joueur clé dans la
réduction des coûts astronomiques de notre système de soins de santé.
Président du Innovation Institute of Ontario et ancien sous-ministre
du MAAARO, Ken Knox croit que l'économie de l'agriculture conventionnelle
en Ontario « s'enfonce à un point tel qu'il lui sera difficile de
se relever. » Selon M. Knox, l'augmentation des coûts en santé pourrait
contribuer à résoudre la crise agricole.
Ken Knox avance aussi que, si la tendance se maintient, c'est bientôt
70 % du budget provincial qui sera consacré aux soins de santé. « La
situation est intenable », dit-il, ajoutant que les gouvernements
seront pressés de toute part pour accroître leur financement d'autres
secteurs comme l'éducation, le logement et l'agriculture.
Une partie de l'augmentation des dépenses en santé dépend de la nutrition
et des choix alimentaires. Plusieurs maladies, dont le diabète, les maladies
cardiovasculaires et certains cancers, sont directement reliées au mode
de vie et à l'alimentation. De meilleurs produits offerts à des consommateurs
faisant de meilleurs choix permettraient d'économise des millions de dollars
en soins de santé, donnant ainsi une marge de manoeuvre financière pour
répondre aux besoins d'autres secteurs.
Le président de l'Institut canadien sur les politiques agroalimentaires,
Gaétan Lussier, acquiesce : « C'est l'occasion pour le secteur agricole
de devenir un pilier du système de santé canadien. La santé est un des
enjeux primordiaux pour une nouvelle politique agroalimentaire. La prévention
des maladies doit être en tête des priorités du cadre de développement
du secteur agroalimentaire. » De nouveaux partenariats sont essentiels
et devront mettre l'accent sur les aliments fonctionnels, la saine
alimentation et la prévision des maladies.
Gaétan Lussier souscrit aux conclusions de Ken Knox qui affirme que la
production agricole conventionnelle et sa mise en marché ont traversé
de fortes turbulences au Canada.
Selon lui, de grands bouleversements sont encore à prévoir face à des
pays comme le Brésil, la Chine, la Russie et l'Inde qui se préparent à
accroître leurs parts du marché agroalimentaire mondial.
« Les dix à quinze prochaines années seront difficiles,
prédit M. Lussier, mais le Canada redeviendra un fournisseur agroalimentaire
mondial si la croissance de ce secteur peut être conjuguée à celle du
secteur des soins de santé. »
Gaétan Lussier, Ken Knox et plusieurs autres conférenciers croient cependant
que des ajustements importants à la réglementation canadienne sont inévitables
pour permettre au pays d'atteindre le rang de chef de file mondial en
production agroalimentaire favorisant la santé.
Pendant le Forum, les intervenants ont fréquemment mentionné qu'ils trouvaient
le processus réglementaire archaïque, négatif et trop contraignant.
Le Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC) remercie Ontario
Farmer de lui avoir permis de reproduire cet article sur son site
Web. Décembre, 2006.
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