
L'industrie canadienne du lin s'inquiète des OGM cultivés aux États-Unis
Publié initialement par Canadian Market News le 22 juin
2005
Selon un représentant du Flax Council of Canada, l'industrie canadienne
du lin s'inquiète des projets d'une société pharmaceutique américaine
qui désire cultiver du lin génétiquement modifié dans le Dakota du Nord.
Le président du Flax Council, Barry Hall, a déclaré qu'il craint
de voir les cultures de lin canadiennes contaminées si le projet est mis
en oeuvre. À l'heure actuelle, aucun lin génétiquement modifié n'est cultivé
au Canada. « Théoriquement, il devrait
rester aux États-Unis, poursuit M. Hall. Mais la frontière n'est
pas très étanche, et une graine peut facilement être transportée jusqu'au
Canada. »
M. Hall soutient que la contamination aurait une incidence défavorable
sur les exportations canadiennes puisque le marché européen est très exigent
en ce qui a trait aux OGM (organisme génétiquement modifié) et n'achèterait
pas de lin canadien s'il y avait la moindre possibilité que des grains
génétiquement modifiés y soient mélangés.
« Le Council admet l'utilité éventuelle
d'une plante génétiquement modifiée, mais rien ne semble indiquer que
l'Europe assouplira sa politique à cet égard », explique M. Hall.
Les exportations de lin canadien vers l'Europe pour la récolte 2005-2006
à venir sont estimées à entre 500 000 et 550 000 tonnes
par Chris Beckman, un analyste d'Agriculture et d'Agroalimentaire
Canada spécialisé dans les cultures oléagineuses. En comparaison, on estime
à 396 000 tonnes la quantité de lin canadien qui aura été exporté
vers l'Europe à la fin de la saison 2004-2005.
C'est une entreprise spécialisée dans la commercialisation du lin du
Dakota du Nord, Ameriflax, qui a avisé le Flax Council of Canada que Agragen
avait loué des espaces à la University of North Dakota dans le but d'utiliser
du lin génétiquement modifié pour produire des médicaments comme l'albumine
(utilisé pour les transfusions sanguines) ou une forme recombinée d'acides
gras omega-3.
Selon Ernie Hoffert, un cultivateur du Dakota du Nord et le secrétaire-trésorier
d'Ameriflax, la UDA a fixé des règles strictes visant à prévenir le mélange
accidentel de cultures d'OGM dans les cultures destinées à l'alimentation
humaine et au bétail. Il souligne également qu'il existe une période de
trois ans avant qu'une terre ayant servi à la culture de médicaments
d'origine végétale ne soit utilisée de nouveau comme terre agricole. Cela
dit, la contamination due à une erreur humaine demeure possible, malgré
cette période d'attente.
« Un tout petit résidu suffit pour
contaminer une culture au complet. »
English
|