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L'agriculture en milieu urbain gagne du terrain – Les villes reconnaissent les bienfaits de ces petites entreprises situées dans un environnement urbain

Par Mark Spowart, envoi spécial à l'Ontario Farmer, le mardi 17 avril 2007

Les fermes en milieu urbain sont de petits espaces de terrain à production intensive, situés dans et autour des principaux centres urbains. Tirant profit du désir croissant des consommateurs de manger des produits d'origine locale, l'agriculture en milieu urbain jouit d'une popularité croissante. Dans le cas présent, elle pose un défi à l'agriculture traditionnelle.

En 2006, l'activiste londonienne Rose Marie White a fondé le projet « Agriculture en ville »; elle a commencé à cultiver un demi-acre de terrain à l'intérieur des limites de la ville.

La « ferme », située dans une importante rue au sud de la ville, est enviée par des entrepreneurs qui aimeraient prolonger une route. On a alors donné accès à Mme White et à ses partenaires, la Dre Kathy McCully et le Dr Wayne Myrvold, à des espaces disponibles réservés à une serre et à des jardins communautaires.

Cela était tout particulièrement important, car le projet cultive ses propres semences.

Avoir une serre permet aux membres du projet de s’associer aux cultures dès le départ, ce qui en assure la qualité et la valeur nutritive.

Mme White, qui avait étudié durant toute sa vie les questions touchant la salubrité des aliments, réalisa avec le temps que d'importantes multinationales contrôlaient la majeure partie des produits des fermes traditionnelles. Elle a également découvert que de nos jours, de nombreux agriculteurs doivent occuper un deuxième ou un troisième emploi pour pouvoir rentabiliser leur exploitation agricole.

À son avis, cela n'avait aucun sens. « Nous avons cru qu'il était important d'encourager l'art de cultiver les produits alimentaires. En tant que collectivité, nous avons oublié l'importance de la production alimentaire », affirme Mme White.

Au cours de la période de production, le projet « Agriculture en ville » offre une « bonne Boîte d’aliments » hebdomadaire à ses membres et bénévoles. Cette boîte contient 8 à 10 variétés de légumes et de fines herbes de la saison, cultivés en ville pas très loin de la résidence des membres.

Cette année, le groupe prévoit produire plus de 32 variétés de tomates traditionnelles. On espère que la vente de ces légumes et semis, dans les marchés locaux, rapportera assez d'argent pour financer ce projet auprès de futurs agriculteurs urbains.

En plus des boîtes d’aliments, le projet approvisionne aussi des restaurants locaux.

Bien que les produits du projet ne soient pas certifiés biologiques, il suit les méthodes de culture biologique, et les produits recueillis sont sélectionnés selon leur goût et leur valeur nutritive.

À l'été 2006, une épidémie d'E-coli dans les épinards de culture biologique de Californie a obligé plusieurs personnes à revoir leurs décisions quant à l'achat de nourriture. « Il est insensé d'acheter quelque chose que l'on cueille, et qu'on transporte ensuite par camion à la grandeur du pays », dit-elle.

À PHILADELPHIE, en Pennsylvanie, l'agriculture en milieu urbain est devenue une solution aux problèmes d'eau potable des villes. Le service d'eau avait un problème accru d'entretien des espaces verts de la ville. L'agriculture en milieu urbain a répondu à ce problème; c'est ainsi que la ferme de réservoirs Somerton a été créée.

Ainsi nommée en raison des deux réservoirs d'eau qui ceinturent le terrain, la ferme de réservoirs Somerton utilise un nouveau concept en agriculture, appelé PTCI, soit l’acronyme de « petit terrain à culture intensive », une invention du fermier canadien Wally Satzewich de Sakatoon, en Saskatchewan, et de Roxanne Christensen, de Philadelphie.

La famille Satzewich était à l'origine une famille d’agriculteurs traditionnels vivant dans une ferme située à l'extérieur de Saskatoon. Parallèlement, elle cultivait aussi des lopins de terre en ville.

Il a rapidement constaté qu'il était très limité quant à ce qu'il pourrait cultiver dans ce pays. Entre les insectes, les cerfs, et toute la vie sauvage, il a été forcé de limiter sa production à des cultures de peu de valeur.

Entre-temps, il touchait en ville un supplément pour ses radis et ses mélanges de salade.

Une différence majeure entre l’agriculteur traditionnel et celui de la ville est la quantité d'intégration verticale que l’agriculteur en milieu urbain peut ajouter à son entreprise. « J'ai beaucoup de latitude pour contrôler les prix », déclare M. Satzewich. « Je considère les prix comme un éventail de prix à demander. Je peux ajuster certains revenus selon certains types de cultures ».

« Je peux intervenir auprès des consommateurs, établir un lien et leur faire comprendre les raisons qui justifient des prix plus élevés », dit-il.

En 2003, Mme Christensen a rencontré les responsables du service de l'eau et elle leur a suggéré une recherche. « Nous savions que les gens qui pourraient nous aider n'étaient pas au courant de la qualité de vie (qu'offre l'agriculture); nous devions donc nous concentrer sur les avantages économiques de l'agriculture en milieu urbain », dit-elle.

En accord avec sa proposition, le projet poursuivait deux objectifs : * il devait démontrer sa rentabilité; * il devait pouvoir être imité par n'importe qui.

Après avoir mené des tests des sols, elle a constaté que la terre à cultiver ne contenait aucun contaminant nuisible, mais qu'elle était aussi dépourvue de toute valeur nutritive.

Dans le but de planifier la saison de production 2003, le projet a amené du sol organique et semé une couche de sarrasin durant l'hiver 2002-2003.

« La plupart des techniques agricoles ne s'occupent pas de la rentabilité. Elles s'acharnent à produire des cultures particulières et à augmenter le rendement. L'agriculture PTCI associe l’agriculture et les formules de revenus ciblées », de dire Mme Christensen.

Cultiver un demi-acre de terrain n'exige pas le même apport de capital que doit fournir un agriculteur traditionnel. La première année du projet, on a dépensé 7 400 $ (US) pour une chambre froide, un système d'arrosage, un hangar et un rotoculteur usagé.

Cette première année, on a amassé 26 000 $ US. En 2004, c'était 38 000 $ US; en 2005, 52 000 $ US et, en 2006, le projet a rapporté 68 000 $ US; les dépenses s’étant élevées à 20 000 $ US.

Par surcroît, travailler à une ferme en milieu urbain offre aux agriculteurs une myriade d'options de commercialisation.

Le projet de Philadelphie ravitaille trois marchés voisins; il gère un kiosque d'agriculture sur place et approvisionne bon nombre de restaurants et de services de traiteur.

En plus d'être située près de ses consommateurs, l'agriculture PTCI souligne aussi que vous devez vraiment cultiver des produits de première qualité qui exigent beaucoup de travail après les récoltes.

« Vous devez laver la laitue une, deux et trois fois. Vous devez l'ensacher de façon à en soutirer le meilleur prix au marché, et cela représente énormément de travail », ajoute Mme Christensen.

Le projet a démontré que, même en augmentant les ventes, le fait de suivre les coûts de main-d'œuvre contribue très généreusement au succès.

Mme Christensen estime que le projet est rentable au niveau de 2,5 personnes.
Comme élément de cette recherche, on a essayé de chiffrer l'impact économique des diverses sortes d'espaces verts de la ville de Philadelphie.

Dans un ordre pas très scientifique, les travailleurs et les bénévoles constatent le retour d'oiseaux et d'insectes auparavant absents. La ferme contribue aussi en cas d’interruption du service d'eau durant une tempête, ce qui réduit, à tour de rôle, la pression sur le réseau d'égouts de la ville.

Quand le projet a été proposé en 2001, il n'y avait aucun nouveau développement dans la ville. Un terrain vacant devenait un problème. Six ans plus tard, alors que les autorités de la ville cherchent des moyens de la rendre plus viable, on a commencé à mettre la nature en valeur.

À la suite de cette recherche, le service d'eau de Philadelphie est maintenant un défenseur de l'agriculture en milieu urbain. En outre, Mme Christensen cherche des moyens de modifier les politiques concernant les terrains de la ville, afin que l'agriculture soit reconnue comme une option légitime.

« Les gens qui s'adonnent à l'agriculture en milieu urbain ne viennent pas de familles traditionnelles d’agriculteurs. Ce sont des jeunes vigoureux, et c’est là le profil des gens que nous essayons de ramener en ville. Ils s'adonnent à l'agriculture et non pas à la création de sites Web », dit Mme Christensen.

Le Centre canadien de l'agriculture biologique (CCAB) désire remercier la revue Ontario Farmer de lui avoir permis de publier cet article sur son site Web.

 

English version

Affiché en novembre 2007

 

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